La parodontite est une maladie inflammatoire chronique d’origine infectieuse qui affecte les tissus de soutien des dents : gencive, ligament parodontal, os alvéolaire. Elle résulte d’une interaction complexe entre les bactéries présentes dans la plaque dentaire et la réponse immunitaire de l’organisme. La maladie peut débuter sous forme de gingivite et progresser en cas de persistance de la plaque bactérienne. Le traitement de la parodontite vise alors à contrôler l’infection bactérienne, réduire l’inflammation et préserver les dents sur le long terme.
Symptômes de la parodontite
La parodontite peut évoluer lentement et peut rester discrète pendant un certain temps. Certaines formes plus agressives peuvent toutefois progresser plus rapidement. Sans prise en charge et traitement adapté, elle peut entraîner un déchaussement dentaire puis une perte des dents. Parmi les symptômes fréquents de la parodontite :
- Gencives rouges, gonflées ou sensibles
- Saignement des gencives lors du brossage ou de l’utilisation du fil dentaire
- Mauvaise haleine persistante
- Rétraction des gencives
- Apparition d’espaces entre les dents
- Présence éventuelle de pus entre la dent et la gencive
- Douleur ou gêne lors de la mastication
- Mobilité dentaire
- Déplacement des dents
- Modification de l’occlusion
La présence de ces symptômes ne permet pas à elle seule d’établir un diagnostic. Un examen clinique réalisé par un chirurgien-dentiste ou un spécialiste en parodontologie est nécessaire.
Classification de la parodontite
La classification actuelle (AAP/EFP 2017) regroupe toutes les parodontites en trois catégories principales :
- Parodontite liée à des maladies systémiques
- Parodontite nécrosante
- Parodontite (autres)
Pour les parodontites chroniques classiques, on utilise deux critères :
– Stades I à IV selon la gravité :
- Stade I : parodontite initiale
- Stade II : parodontite modérée
- Stade III : parodontite sévère avec risque de perte de dent supplémentaire
- Stade IV : parodontite très avancée avec perte de dents et mobilité majeure
– Grades A, B, C selon la rapidité de progression : lente, modérée, rapide.
Objectifs du traitement de la parodontite
Les objectifs du traitement de la parodontite sont :
- Contrôler l’infection bactérienne
- Réduire l’inflammation des gencives
- Diminuer ou éliminer les poches parodontales
- Stopper la progression de la destruction osseuse
- Préserver les dents naturelles lorsque cela est possible
- Restaurer la fonction masticatoire
- Maintenir les résultats obtenus grâce à un suivi régulier
Il est important de noter que la perte osseuse déjà survenue n’est pas systématiquement réversible. L’objectif principal est avant tout de stabiliser la maladie.
Comment se déroule un traitement de la parodontite ?
Avant de commencer tout traitement de la parodontite, il faut faire un bilan parodontal complet auprès d’un centre dentaire spécialisé. Il peut comprendre :
- Entretien avec un dentiste, expert en parodontie
- Examen clinique des gencives
- Identification des facteurs de risque (tabac, diabète, antécédents familiaux…)
- Radiographies adaptées à la situation clinique
Ce bilan permet d’établir le diagnostic, de déterminer le stade et le grade de la maladie et de définir le plan de traitement.
Quels sont les traitements de la parodontite qui existent ?
Traitement non chirurgical de la parodontite
Le détartrage-surfaçage radiculaire est la base du traitement parodontal. Il consiste en :
- Détartrage supra-gingival : éliminer les dépôts bactériens et le tartre présents au-dessus de la gencive.
- Surfaçage radiculaire sous-gingival : éliminer les dépôts présents sur les racines dentaires afin de favoriser la cicatrisation des tissus parodontaux.
Le traitement est généralement réalisé sous anesthésie locale lorsque les zones traitées sont profondes ou sensibles.
Traitement chirurgical de la parodontite
Lorsque le traitement parodontal non chirurgical ne suffit pas, le chirurgien-dentiste peut vous indiquer la chirurgie parodontale sous lambeau. Les types d’interventions incluent :
- Lambeau d’assainissement ou chirurgie d’accès : la gencive est temporairement décollée afin d’accéder aux surfaces radiculaires et aux zones osseuses profondes difficilement accessibles.
- Gingivectomie, ostéoplasties : pour enlever l’excès de gencive ou remodeler l’os pour éliminer les poches.
- Régénération osseuse guidée : technique destinée à reconstruire certains tissus détruits.
L’indication dépend de nombreux critères anatomiques et cliniques et n’est pas applicable à tous les patients.
Nouveaux traitements dans la prise en charge de la parodontite
Les progrès réalisés en parodontologie ont permis le développement de nouvelles approches qui visent à améliorer le traitement de la parodontite :
- Greffe de gencive : lorsque la récession gingivale est importante, la greffe peut être envisagée afin de restaurer le volume des tissus gingivaux. Cette intervention contribue à protéger les racines dentaires exposées, à limiter la profondeur des poches parodontales dans certaines situations et à améliorer l’apparence du sourire.
- Traitements antimicrobiens à libération prolongée : sous forme de gels ou de solutions appliqués localement, ils peuvent compléter les traitements mécaniques. Leur objectif est de cibler les bactéries impliquées dans l’infection parodontale et de renforcer l’efficacité de la prise en charge.
- Laser parodontal : technique récente utilisée en complément des soins conventionnels, il permet de réduire la charge bactérienne présente dans les poches parodontales tout en préservant les tissus environnants. Cette méthode est généralement associée à une intervention moins invasive, avec un saignement et un inconfort postopératoire souvent réduits.
- Thérapie régénérative : repose sur l’utilisation de biomatériaux destinés à favoriser la reconstruction des tissus de soutien de la dent, notamment l’os et le ligament parodontal. Cette approche peut être proposée dans certains cas de perte osseuse liée à la maladie parodontale.
FAQ – Traitement de la parodontite
La gingivite est une inflammation de la gencive provoquée principalement par l’accumulation de plaque bactérienne. Elle peut se manifester par des saignements au brossage, des rougeurs et un gonflement gingival.
Aucun traitement naturel n’a démontré qu’il pouvait remplacer les traitements parodontaux validés tels que le détartrage, le surfaçage radiculaire ou les interventions chirurgicales lorsque celles-ci sont indiquées.
Certaines mesures d’hygiène bucco-dentaire contribuent au contrôle de la plaque bactérienne, mais elles ne dispensent pas d’une prise en charge professionnelle.
Les traitements parodontaux sont généralement réalisés sous anesthésie locale lorsque cela est nécessaire. Des sensibilités transitoires peuvent apparaître après certaines séances, notamment au niveau des racines exposées. L’intensité de l’inconfort varie selon l’étendue de la maladie et le type de traitement réalisé.
L’antibiothérapie n’est pas systématique dans le traitement de la parodontite. Elle peut être envisagée dans certaines situations particulières, notamment pour certaines formes sévères ou rapidement progressives, en complément du traitement mécanique. Il est primordial d’avoir l’avis d’un médecin et de ne pas prendre cette décision seul.